Types de contenus et statuts des discours
Pourquoi il est important de faire des distinctions
Dans la vie quotidienne, beaucoup de choses circulent en même temps :
des infos à la radio, des articles en ligne, des messages sur les réseaux sociaux, des discussions entre proches, des prises de parole politiques.
Tout cela se mélange facilement.
Le problème n’est pas que ces contenus existent.
Le problème, c’est que tout est souvent mis au même niveau, comme si tout avait la même valeur et le même rôle.
Quand on ne distingue plus ce que l’on lit ou ce que l’on entend,
il devient difficile de comprendre :
- ce qui s’est réellement passé,
- ce qui est une interprétation,
- ce qui relève d’un point de vue,
- ce qui cherche surtout à convaincre.
Ce chapitre sert simplement à remettre un peu d’ordre.
Un fait et une information, ce n’est pas la même chose
Un fait, c’est quelque chose qui arrive ou qui existe.
Par exemple : une décision est prise, un événement se produit, un chiffre est mesuré.
Une information, c’est ce fait raconté à quelqu’un.
Dès qu’un fait est raconté, il y a forcément :
- des mots choisis,
- un angle,
- un contexte donné,
- parfois une simplification.
Cela ne veut pas dire que l’information est fausse.
Cela veut dire qu’elle est une représentation du réel, pas le réel lui-même.
Comprendre cette différence évite beaucoup de déceptions inutiles.
Une analyse n’est pas une information
Une analyse va plus loin que l’information.
Elle cherche à :
- expliquer pourquoi quelque chose s’est produit,
- relier plusieurs faits entre eux,
- proposer des causes,
- imaginer des conséquences possibles.
Deux analyses peuvent partir des mêmes faits
et arriver à des conclusions différentes
sans que l’une soit forcément malhonnête ou absurde.
Le problème apparaît quand une analyse est présentée
comme si elle était un simple fait indiscutable.
Une opinion n’a pas le même rôle qu’une analyse
Une opinion, c’est un point de vue.
Elle exprime :
- ce que quelqu’un pense,
- ce qu’il juge souhaitable,
- ce qu’il préfère ou rejette.
Une opinion peut être argumentée ou non.
Elle peut s’appuyer sur des faits, sur des valeurs ou sur une expérience personnelle.
Avoir une opinion n’est pas un problème.
Le problème, c’est de présenter une opinion comme une vérité objective.
Les commentaires amplifient plus qu’ils n’expliquent
Un commentaire est une réaction.
Il peut :
- approuver,
- critiquer,
- se moquer,
- provoquer une émotion,
- renforcer une opposition.
Les commentaires jouent un rôle important dans la circulation des contenus,
mais ils n’ont pas pour fonction principale d’expliquer ou d’informer.
Les confondre avec des informations crée beaucoup de bruit
et alimente souvent les tensions.
Les discours publics ont toujours un objectif
Un discours public n’est jamais neutre au sens strict.
Il est produit dans un contexte précis
et poursuit toujours un ou plusieurs objectifs.
Par exemple :
- convaincre,
- rassurer,
- mobiliser,
- inquiéter,
- justifier une décision,
- orienter un débat.
Un discours public peut contenir des faits, des informations et des analyses,
mais son but principal n’est pas forcément d’informer.
Comprendre cela permet de ne plus attendre d’un discours
ce qu’il ne cherche pas à faire.
Communication et propagande : des mots techniques
Le mot communication désigne l’ensemble des moyens utilisés
pour faire passer un message.
La propagande, au sens technique,
désigne une communication organisée
pour diffuser des idées, des valeurs ou une vision du monde.
Ces mots ne sont pas des insultes.
Ils décrivent des mécanismes, pas des intentions morales.
Refuser de les utiliser rend souvent l’analyse plus floue, pas plus honnête.
Pourquoi ces distinctions sont utiles au quotidien
Quand ces catégories sont claires, beaucoup de choses changent.
Il devient possible de :
- ne plus reprocher à une opinion de ne pas être neutre,
- ne plus traiter un désaccord comme un mensonge,
- comprendre pourquoi certaines discussions tournent mal,
- lire l’information avec plus de calme.
Ces distinctions ne servent pas à juger les personnes.
Elles servent à mieux comprendre ce qui circule autour de nous.
Ce que ce chapitre doit laisser
À la fin de ce chapitre, le lecteur devrait pouvoir se dire :
“Je ne lis plus tout de la même manière.”
Ce n’est pas spectaculaire,
mais c’est une base essentielle pour comprendre l’information
sans se laisser emporter par elle.